Premier réseau sur la diversité sexuelle et l’identité de genre de la CSQ 

Le 21 avril se tenait à Québec le premier Réseau du Comité sur la diversité sexuelle et l’identité de genre de la CSQ. Trois professeures y ont assisté : Marie-Line Beaudoin-Morin, Isabelle Marcoux et Geneviève Boudreau. Voici pour vous un résumé des grandes lignes.   

Contexte dans lequel s’inscrit le Réseau 

  • Les crimes haineux ciblant la diversité ont quadruplé en cinq ans (ils s’élèvent à 860 au Canada en 2023). 
  • On assiste à une montée fulgurante de la polarisation (ex. : les drag-queens en bibliothèque, l’opposition de Drainville aux toilettes mixtes). 
  • Gris Montréal mentionne qu’entre 2017 et 2024, le malaise éprouvé par un jeune à l’égard de l’homosexualité d’un ami a doublé. 

Dans un contexte de montée de l’intolérance, la volonté du gouvernement de cantonner le pouvoir syndical aux conditions de travail nuit à la lutte pour contrer les violences à l’égard de la diversité, que ce soit dans les milieux de travail, les milieux de militance et la société en général.  

Conférence d’ouverture par Michel Dorais, professeur émérite de l’Université Laval.  

Chez les moins de 25 ans, jusqu’à une personne sur cinq se définit comme 2ELGBTQI+. C’est la génération où la diversité est la plus vécue, malgré la montée du conservatisme.  

Toutes les personnes de la diversité ont les mêmes droits, défendus par la Chartre des droits et libertés de la personne. Les préjugés d’un individu (par exemple, l’homophobie ou la misogynie) ne peuvent pas être imposés aux autres et régir les interactions publiques.  

Voici les traits distinctifs de la génération Z : 

  • L’éclatement du modèle traditionnel binaire; 
  • La fluidité identitaire (qui peut donc changer avec le temps); 
  • La multiplication des identités (et des mots pour rendre compte de cette diversité); 
  • L’affirmation identitaire de soi. 

Les identités sont revendiquées de façon affirmative et proactive. Le fait de ne pas être reconnu dans ses différences est perçu, avec raison, comme une forme d’intolérance. Personne ne souhaite être marginalisé.  

De 16,5% à 22% de la génération Z se reconnaît sous le parapluie 2ELGBTQI+. Parmi ces jeunes, plusieurs se reconnaissent comme trans ou non-binaires (environ 3 à 4 % de celleux-ci). Beaucoup se reconnaissent comme agenre.  

Le sexe anatomique peut être trompeur : environ 1,7% des bébés à la naissance naissent intersexués. On respectera donc le sexe d’appartenance, qui consiste en la conviction très profonde d’appartenir à une catégorie de sexe, conforme ou non avec le sexe assigné à la naissance ou avec le sexe anatomique.  

Une transition peut se faire sur le plan social, légal ou physique. Elle peut engager l’une ou plusieurs de ces dimensions. La chirurgie de changement de genre, parmi toutes les chirurgies, est celle qui implique le moins de regret chez les personnes opérées.  

Au Québec, l’auto-identification à un sexe ou à un genre prévaut sur l’état civil (peu importe l’anatomie de la personne). En fait, depuis 2022, le changement de sexe se fait selon le genre d’appartenance (et pas selon l’identité anatomique).  

L’utilisation d’une langue épicène ou inclusive permet de ne jamais présumer de l’identité de genre d’une personne et de respecter son autodétermination sur le plan identitaire. Par ailleurs, les éléments de l’intimité des personnes ne peuvent être dévoilés sans leur accord explicité, éclairé et révocable. Les études montrent que la majorité des 2ELGBTQ+ ont vécu des violences. Cela crée une double honte : l’intimidation en soi et la honte du motif (le fait d’être stigmatisé en raison de sa différence). Toustes les jeunes doivent être en sécurité, et il importe de valider leur identité.  

Il est crucial de lutter contre toutes les formes de stigmatisation sociale, notamment en… 

  • Encourageant la diffusion de connaissances juste sur la diversité; 
  • Rendant disponible du soutien pour les jeunes de la diversité; 
  • Luttant activement contre le sexisme, la genrophobie, l’homophobie et la transphobie afin de faire régresser l’intimidation en milieu scolaire et dans la société; 
  • Placardant des affiches visibles pour créer un espace sécuritaire et en incluant les réalités de la diversité dans nos écrits et nos enseignements; 
  • Incluant notre pronom dans notre signature afin que les personnes non binaires se sentent autorisées de le faire, sans peur du jugement, etc.  

Reconnaître la diversité n’est pas suffisant, il faut la célébrer!  

Pour aller plus loin, on peut lire le Nouvel éloge de la diversité sexuelle ou Le métier d’aider de Michel Dorais. 

Témoignages : soutenir l’inclusion en milieu de travail 

Stéphane Lajoie (école Sainte-Marie), Manon Labrecque (deuxième vice-présidente à la gestion administrative FPEP), Cassandre Careau (enseignant.e de français) ont témoigné de la difficulté de tirer un trait sur une vie hétéronormée ou de faire accepter la non-binarité dans un milieu professionnel (pas auprès des élèves, mais de l’employeur). On souligne particulièrement le fardeau que représente l’éducation du public par les personnes non binaires et la difficulté de faire accepter l’écriture inclusive.  

Lors des échanges avec une personne en transition, attention à… 

  • Éviter les questions qui relèvent de la curiosité; 
  • Respecter l’intimité de la personne; 
  • Demander le pronom utilisé et le respecter. 

Le Réseau devrait désormais se tenir chaque année. N’hésitez pas à manifester au bureau syndical votre intérêt à y participer l’an prochain!