Un engagement pour la transition socioécologique en éducation
Le 4 mars dernier avait lieu la rencontre permettant de faire un retour sur les États généraux, qui se sont déroulés à Montréal du 7 au 10 janvier. Trois professeur.es y représentaient notre syndicat grâce au soutien de la FEC et de notre direction locale : Sophie Descôteaux, Guillaume Simard et Marie-Solenne Percolides. Ces derniers nous ont fait part de leur expérience.
État des lieux
Le plan stratégique du collège s’inscrit dans la transition socioécologique par son deuxième axe, qui porte sur l’engagement pour un avenir durable. Cet engagement se manifeste notamment par une adhésion aux 17 objectifs de développement durable de l’ONU.
Réaliser ces objectifs demande le développement d’outils pour parvenir à une justice environnementale et à des pratiques anticoloniales en enseignement supérieur.
Nombreux sont les professeur.es qui souhaitent repenser leur pédagogie dans une perspective socioécologique, mais la transformation demande du temps, des ressources et de la formation. Cela s’ajoute à la surcharge de travail et à l’écofatigue, ce qui rend plus difficile un enseignement qu’on voudrait plus citoyen, plus activiste et plus interdisciplinaire.
Pour mieux comprendre ce qu’implique la transition socioécologique, cliquez ici : Comprendre la transition socioécologique — TIESS
Concrètement, sur quoi les professeur.es travaillent en ce moment?
Le plan d’action mis en place est vaste, mais certains éléments concrets offrent une opportunité de collaboration. Guillaume, Marie-Solenne et Sophie sont d’ailleurs à la recherche de volontaires (n’hésitez pas à communiquer avec eux!).
Parmi ces éléments, la plateforme Mattermost est ouverte à tou.tes. Elle vise à cartographier, dans les communautés de pratique, ce qui se fait déjà. La plateforme, à terme, permettra de répertorier l’ensemble des projets qui se font sur le territoire du Québec. Elle favorisera ainsi l’engagement, la collaboration et la transmission de l’information.
Le fait de mettre sur pied des projets transversaux qui regroupent plusieurs cours afin de réaliser une activité collective de mise en partage devient alors plus réaliste. Les abris de chaleur à Trois-Rivières sont un exemple de projet pédagogique inédit : Abris-chaleur : un projet pédagogique alliant écologisation et justice sociale — Cégep de Trois-Rivières
Si vous avez la capacité de vous engager même à petite échelle, n’hésitez pas à lever la main et à vous joindre à l’équipe qui travaille au développement de la plateforme éducative : vous y trouverez certainement des projets inspirants!
Quels obstacles à l’engagement?
Les professeur.es présent.es, tout en affirmant leur fort désir de participer à la transition socioécologique, ont souligné la difficulté d’ajouter des tâches à un horaire déjà surchargé. On se rappelle que les professeur.es effectuent déjà gratuitement chaque semaine, en moyenne, 10 heures excédentaires à leur contrat de travail en raison de l’alourdissement de la tâche enseignante. L’enquête sur la lourdeur de la tâche effectuée par Karine Moisan et Edith Pouliot l’a bien mis en lumière. Dans un tel contexte, il a été souligné que ce travail ne peut pas s’effectuer sans libération adéquate. L’ampleur de l’engagement des profs dans divers comités, instances et processus, ainsi que dans les activités périscolaires qui animent la vie étudiante, devient d’ailleurs manifeste les mercredis midi, alors que les réunions se chevauchent et engendrent fréquemment des conflits d’horaire. Ces faits ont été directement nommés par les professeur.es à la Directrice générale et à la Directrice des études, qui étaient présentes sur place.
Le manque de temps, malgré la bonne volonté de chacun.e, est flagrant. Vos représentant.es syndicaux, qui ont assisté à la rencontre, font le constat qu’on ne peut pas ignorer la lourdeur de la tâche, tant au local (dans notre cégep) que dans nos revendications en lien avec le renouvellement de la convention collective. L’alourdissement de la tâche devient un frein à notre participation, puisque nous n’avons plus l’espace pour réfléchir et embrasser avec enthousiasme de nouveaux défis ou de nouveaux engagements, ce qui est regrettable, parce que nécessaire.
Ou les attentes envers les professeur.es doivent être plus réalistes ou des mesures doivent être mises en place pour ouvrir de nouveaux possibles sans créer d’épuisement dans les équipes. C’est ce que votre équipe syndicale va continuer de réclamer à tous les niveaux, afin que nous ayons chacun.e les ressources et la disponibilité pour participer activement à imaginer l’éducation de demain.