Les risques psychosociaux
Simon Viviers et Clara Deudon ont présenté aux membres de la FEC-CSQ la réalité des risques psychosociaux lors du dernier conseil général.
Ces risques sont désormais reconnus par la loi et l’employeur a l’obligation d’intervenir pour les prévenir. Vous trouverez ici un résumé de la formation.
Les facteurs de risques psychosociaux
Une liste non exhaustive des facteurs de risques psychosociaux a d’abord été présentée :
- Charge de travail élevée
- Faible autonomie décisionnelle
- Faible soutien des collègues ou des supérieurs
- Faible reconnaissance et injustice organisationnelle
- Harcèlement au travail
- Violence en milieu de travail
- Exposition à un événement potentiellement traumatique
Une distinction doit être faite entre les facteurs de risques et les risques eux-mêmes. Le harcèlement, la violence et l’exposition à un événement constituent un risque psychosocial; les éléments précédents sont plutôt des facteurs de risque.
Définition des risques
Voici comment se caractérisent les facteurs de risque et les risques psychosociaux :
Charge de travail : interruptions fréquentes, complexité du travail, quantité de travail, délais courts, demandes contradictoires, demandes psychologiques (charge émotive)… Lorsque la charge de travail dépasse les capacités de l’employé.e, elle devient risquée. Par exemple, les corrections de fin de session, le multitâche, les MIO et les ajouts urgents sont des facteurs de risque.
Faible autonomie décisionnelle : peu de liberté pour décider de la façon d’effectuer son travail, peu d’influence sur son milieu de travail (normes, politiques), peu de possibilités d’apprentissage, tâches répétitives, peu de possibilités d’utiliser ses compétences. Par exemple : imposition de modalité d’évaluation et format de plan de cours peu flexible, décisions institutionnelles (augmentation du nombre d’élèves dans une classe), corrections répétitives de gros volumes de travaux…
Faible soutien des collègues : peu d’entraide, repli sur soi, attitudes hostiles ou agressives, présence de conflits, compétition, comportements visant à nuire au travail des autres. Par exemple : refus de partager des ressources pédagogiques entre collègues, absence de collaboration et de discussion, ton condescendant, enseignant non permanent qui n’est pas invité lors des activités.
Faible soutien du supérieur : peu disponible pour aider les employé.es, nuit à la réalisation du travail, arrive peu à faire travailler les gens ensemble, prête peu d’attention aux besoins de son équipe, règle peu les conflits, ne fournit pas les outils ou les directives nécessaires, a une attitude irrespectueuse. Par exemple : une direction difficile à joindre ou qui est en retard, des tâches supplémentaires imposées en pleine période de correction, des locaux mal équipés qui ralentissent l’enseignement…
Faible reconnaissance au travail et injustice organisationnelle : insécurité d’emploi, salaire insuffisant, faibles possibilités de promotion, non-reconnaissance des efforts… Par exemple : précarité des enseignants, charge de travail invisible qui n’est pas reconnue par la rémunération, répartition inégale des ressources…
Harcèlement et violence en milieu de travail : harcèlement psychologique, sexuel, discriminatoire, violence physique, conjugale ou familiale. Par exemple : MIO hostile par les étudiants ou des parents d’étudiants, remarques répétées fondées sur l’âge, l’origine ethnique ou l’orientation sexuelle…
Événement potentiellement traumatique : menace de mort, blessure grave… Par exemple : décès soudain d’un étudiant, réception de menaces explicites, être victime ou témoin de violence sexuelle, être témoin de détresse grave de manière répétée…
Chaque risque psychosocial peut être néfaste pour la santé. La fréquence, l’intensité et la durée de l’exposition augmentent les risques; plus une personne est exposée, plus les risques sur sa santé sont élevés.
Secteurs à risque
Les secteurs à risque sont la santé, l’éducation, les services publics, le transport, l’entreposage.
Les enseignant.es sont les travailleur.ses les plus en détresse en raison de leur travail (surtout au secteur primaire et secondaire), parce que ce sont les personnes les plus exposées aux risques psychosociaux. La charge de travail et la faible reconnaissance sont les éléments les plus problématiques.
La charge de travail au collégial :
- 50,5 % des enseignant.es travaillent entre 35 et 44h/semaine
- 24,3 % travaillent entre 45 et 54h/semaine
- 9,7 % dépassent 55h/semaine
- Pendant les vacances, 6,7 % disent ne jamais travailler, alors que 33,1 % travaillent souvent et 15,2 % toujours
*Plus les enseignant.es travaillent un nombre élevé d’heures par semaine et/ou travaillent souvent durant leurs vacances, moins grand est leur bien-être psychologique.
Les risques psychosociaux sont couverts par la Loi sur la santé et la sécurité au travail. On cherche donc à prévenir les risques, surtout par des approches participatives. On évite les interventions individuelles (exemple : le programme d’aide aux employé.es, qui ne permet pas d’éliminer les risques à la source). Au lieu de traiter les symptômes, on tâche de traiter les causes. Il s’agit d’une obligation de l’employeur.