Et si l’enseignement supérieur devenait l’un des leviers les plus puissants de la transition socioécologique?
*Le bureau syndical remercie chaleureusement Guillaume Simard, Marie-Solenne Percolides et Sophie Descôteaux pour cet article ainsi que pour leur participation aux États généraux pour une transition écologique!*
États généraux pour une transition socioécologique
Du 7 au 10 janvier derniers se sont tenus les États généraux pour une transition socioécologique, un événement d’envergure qui a rassemblé plus de 350 personnes issues du milieu collégial et universitaire : membres du personnel enseignant, personnes étudiantes, conseillères et conseillers en transition, chercheuses, chercheurs et conférencier·ères engagé·es.
Ces journées ont constitué un moment fort de réflexion collective, mais surtout un espace d’élan et de mise en mouvement, où le savoir s’est articulé à l’action.
Qu’est-ce que la transition socioécologique?
La transition socioécologique (TSÉ) vise le développement des sociétés humaines à l’intérieur des limites planétaires. Elle décrit le passage de notre système actuel vers un modèle socialement plus juste, écologiquement viable et démocratiquement renforcé.
Il ne s’agit pas d’un simple ajustement, mais d’une transformation profonde de nos façons d’enseigner, de produire, de consommer, de décider et de vivre ensemble.
Un diagnostic partagé
Le document préparatoire des États généraux (disponible ici :
https://www.transformationsencours.ca) constitue une ressource particulièrement riche. Il met notamment en lumière les préoccupations exprimées dans un vaste sondage mené auprès des étudiant·es et des enseignant·es (n = 781).
Quelles dimensions de la crise socioécologique préoccupent le plus?

- La poursuite d’un système socioéconomique incompatible avec les limites planétaires
- La diminution et la dégradation des ressources naturelles
- L’effondrement de la biodiversité
Ces résultats confirment l’urgence d’agir, mais aussi la lucidité déjà bien présente dans les milieux d’enseignement.
Une dynamique collective inspirante
Chaque journée débutait par des présentations magistrales abordant des enjeux clés : écologisation des établissements, justice environnementale, gouvernance éducative, transition et transformation sociale.
Par la suite, des groupes de travail de 20 à 40 personnes se formaient afin de réfléchir à des questions concrètes et de formuler des propositions de solutions. En fin de journée, le grand groupe se réunissait à nouveau pour partager ces cocréations, nourrissant un véritable dialogue collectif.
L’ambiance était à la fois studieuse, généreuse et profondément mobilisatrice. Voir autant de personnes rassemblées autour d’un objectif commun donnait le sentiment très clair que cette transition, bien que complexe, est désirée et portée collectivement.
Repenser le rôle des établissements d’enseignement
Un thème central a traversé l’ensemble des discussions :
comment imaginer un campus ancré dans son milieu, en collaboration avec les organismes communautaires, pour répondre aux grandes questions socialement vives ?
Pauvreté, insécurité alimentaire, itinérance, pollution, changements climatiques, perte de biodiversité, démocratie, santé mentale, malbouffe… Autant d’enjeux qui touchent directement les étudiant·es et leur avenir.
Il est apparu essentiel de retisser des liens avec la communauté de notre biorégion, d’agir de manière transdisciplinaire, et de créer un véritable maillage entre les réalités du terrain et l’enseignement.
Passer du constat à l’action
Parmi les principaux freins à l’écologisation identifiés : le manque de temps et le manque de connaissances. Plusieurs pistes concrètes ont été proposées :
- Offrir des formations dédiées au personnel enseignant
- Mettre en place des groupes de travail permanents
- Créer des répertoires de ressources accessibles à l’ensemble de la communauté collégiale
- Adopter une approche « less is more », en acceptant de laisser tomber certains savoirs ou compétences devenus moins pertinents dans un monde où 7 des 9 limites planétaires sont déjà dépassées
Dans cette perspective, l’idée de « composter » certains contenus pour faire émerger des apprentissages plus utiles, plus cohérents et plus porteurs de sens a suscité beaucoup d’intérêt.
L’importance d’agir, maintenant
Les représentant·es du collectif Imagine Change l’ont clairement souligné :
il est crucial de comprendre les causes et les impacts des changements climatiques, ainsi que les dynamiques de résistance et de statu quo. Toutefois, l’action demeure le cœur de la transition.
Accumuler les connaissances sans agir peut mener à un sentiment d’impuissance, voire de découragement. À l’inverse, l’action collective redonne du sens, de l’espoir et de la cohérence.
Quelques constats clés
- Le terme développement durable est de plus en plus remis en question, au profit de celui de transition socioécologique, qui reconnaît explicitement les limites physiques de la planète.
- La transition socioécologique devrait être intégrée de manière transversale dans l’ensemble des cours, plutôt que cantonnée à un seul nouveau cours.
- La présence d’Élyse Lefebvre, étudiante au Cégep de Sainte-Foy et représentante de près de 70 000 étudiant·es, a rappelé l’importance de la liberté académique et du rôle central des personnes étudiantes dans cette transformation.
« C’est un appel à toutes et à tous pour que l’enseignement supérieur devienne une véritable force de changement. »
Et maintenant?
Vous pouvez rejoindre le groupe TJC pour échanger autour de projets d’écologisation et entrer en contact avec Matter Most.
Pour vous inscrire à cette plateforme, cliquez sur le lien d’invitation suivant : https://framateam.org/signup_user_complete/?id=ozhm6bjipjdb5ewfzdayx4w93a&md=link&sbr=su
Les États généraux ont démontré une chose essentielle :
La transition socioécologique est déjà en marche.
Il nous appartient maintenant de la rendre concrète, inclusive et durable, au bénéfice des étudiant·es d’aujourd’hui et des générations à venir.